Zildjian Pitch Black
Par Ferid, lundi 14 juillet 2008 à 16:42 :: Batteries :: #175 :: rss
Quoi de neuf chez Zildjian? Les Pitch Black.
Quoi de nouveau? Rien.
Quoi de nouveau? Rien.
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Il semble que depuis la prise en mains de la marque par ses filles, et la disparition d'Armand, Ziljdian accumule les nouveaux produits qui n'en sont pas. L'année dernière, c'était la sortie des justement nommées Armand, qui n'étaient qu'une légère variation de simples Avedis Thin, comparables aux vieilles A qui pullulent sur les sites d'annonces à prix dérisoires. Pour faire passer la pilule, on a présenté ça comme les cymbales de la génération Peace and Love. Mieux vaut en rire. Imaginons que dans quarante ans Zildjian sorte des cymbales qui prétendront rappeler celles de maintenant, et qu'elles soient baptisées les Iraqi War, on prendra la mesure du ridicule de ce marketing.
Pour Zildjian, la nouveauté 2008 s'appelle Pitch Black. Pour situer le contexte, rappelons que Paiste a été le premier à faire des cymbales de couleur en 1984, noires et rouges. De même que ce fabriquant a inventé la Sound Edge, une cymbale de charleston inférieure ondulée pour éviter l'air-lock, copiée par Zildjian sous le nom de Mastersound. Il a été aussi le créateur des flat rides, copiée par tous, et de la série Rude, des modèles non tournés destinés aux gros cogneurs, qui ont inspiré les Z de Zildjian.
Tandis que le frère ennemi Sabian se distingue avec des séries réellement nouvelles, Zildjian continue de copier allègrement Paiste, également en perte de créativité depuis la mort de Toomas Paiste. Aujourd'hui, le marché à prendre est celui des modèles milieu de gamme, majoritairement constitué de jeunes batteurs de rock puissant. Des outsiders comme Meinl, Ufip, ou Stagg ont su capter cette clientèle avec des produits attractifs. Il fallait réagir. Les meilleures Paiste bas de gamme étant les Alpha, à prix moyen, sont apparues les Black Alpha. La série a simplement été peinte en noir, et agrémentée du logo de Slipknot, dont le batteur est endorsé Paiste, et voilà de quoi faire la nique au Black Metal de Stagg. Dans la foulée, Zildjian arrive en dernier sur la place avec ces Pitch Black. Comme Paiste, il s'est contenté de prendre sa meilleure série bas de gamme et la repeindre en noir, ou presque. Là aussi, on revendique la clientèle des gros cogneurs. En d'autres termes, on espère que, faute d'avoir des oreilles, les gamins auront les yeux qui brillent.
Les Pitch Black, qui sont les premières Zildjian de couleur, sont faites dans l'alliage des ZHT, appelé B12, parce qu'il comprend 88% de cuivre et 12% d'étain. Ce type d'alliage n'est employé que pour des modèles plutôt bas de gamme, que sont les ZHT. La principale différence avec la série d'origine est que le vernis noir rend ces cymbales plus épaisses et plus solides, d'autant plus que certaines sont plus épaisses que les ZHT. La courbure est légèrement différente, ainsi que la forme de la cloche. Zildjian ne s'est pas donné la peine de vernir l'intérieur des cymbales de charleston, par pure économie. Mais le justifie en affirmant que c'est pour plus de projection. En d'autres termes, avoue maladroitement que le vernis freine le son.

Pour coller à la tendance actuelle des gros volumes, j'ai testé un ensemble fait d'un charlé de 15", une ride de 22", et une crash de 18". Le charlé est un Mastersound, avec ce bord ondulé qui permet à l'air emprisonné entre les deux cymbales d'être chassé plus vite. Il est évidemment assez puissant, sans que ce soit délirant non plus. Le ping est net, mais pas assez tranchant. Même en 15", il n'est pas sûr que ça s'entende bien dans un mur de guitares saturées.
La cloche de la ride est surdimensionnée, de quoi générer une attaque claire et puissante. De ce côté-là, la puissance est au rendez vous. C'est une vraie ride de rock, qui donne un ping clair et net, mais pas trop sec pour autant. Si elle est franchement "heavy", elle n'est pas "dry" pour autant. Les jeunes métalleux pourront même être surpris par la quantité relative d'harmoniques, bien plus fournies que sur une Rude ou une Z. On ne peut pas vraiment la crasher pour autant.
C'est la même chose pour la crash, plus baveuse qu'on ne croirait. Certes, la réponse est rapide, l'attaque puissante, avec du corps, mais sans pour autant se fermer très vite. La tonalité générale de ces cymbales se situe dans les médiums aigus, avec une sonorité métallique un peu ferraille, propre aux modèles milieu ou bas de gamme. On ne peut pas dire que ce soit des plaques de tôle, loin de là, mais parler de bonnes cymbales serait excessif. Ce sont des cymbales moyennes, vendues à prix moyen. Leur seule personnalité vient de leur look, copié rappelons le sur d'autres séries d'autres marques.
On peut résumer les choses en disant qu'il s'agit de cymbales qui ne sonnent pas terrible au naturel, recouvertes d'un vernis noir. Il faut les prendre en grandes dimensions et les frapper très fort pour en tirer quelque chose. En termes de marketing, c'est ce qu'on appelle des cymbales pour jeunes batteurs de métal. Une chose est sûre, ce n'est pas du métal précieux. Reconnaissons que le prix n'est que légèrement supérieur à celui des ZHT. Mais ce n'est en aucun cas des Z abordables, comme certains vont le faire croire.
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On est très loin des fameuses Paiste Color Sound. Disons qu'elles sont meilleures que les Stagg mais moins bonnes que les Alpha. Un jeune batteur habillé en noir, qui joue sur une batterie noire avec des peaux noires craquera forcément dessus. Et gageons que la presse spécialisée en dira beaucoup de bien. Mais si on a des oreilles et qu'on aime les cymbales, on aura vite fait de les surnommer M**** In Black.
Bernard Fouin
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