Qui sont les membres actuels de Vital Information ?

Vinny Valentino est le nouveau guitariste du groupe. Il a un beau son, il est funky, et il swingue sévère, ce qui en fait le guitariste idéal pour Vital Information. Baron Browne est notre bassiste depuis 1999. Lui aussi possède à la foi le funk et le swing, ce qui est capital, car Vital Information couvre beaucoup de styles. Il peut jouer dans n'importe quelle métrique, et sa créativité soir après soir est ahurissante. Tom Coster est le clavier de la formation depuis plus de 20 ans. Il joue à la fois des synthés, du Hammond B3, et de l'accordéon, une combinaison qui offre un large éventail de sonorités. Il est aussi un compositeur de classe internationale, qui a écrit nombre de thèmes superbes pour le groupe au fil des années.

Quels sont les invités de ce nouvel album ?

Pour ce qui est des intervenants, j'entendais du sax sur certains titres, et la première personne sollicitée fut Bill Evans. J'ai joué avec lui dans Steps Ahead et Soul Bop, et il a déjà tourné avec Vital Information en tant qu'invité. Il est même sur le DVD du Modern Drummer Festival 2003. Mais c'est la première fois qu'il enregistre avec nous. Il est présent sur 4 titres, et y a fait un super boulot.
J'avais aussi envie de percussion indienne, et pour ça j'ai invité Peter Lockett à se joindre à nous. Il est né à Londres, mais il est un incroyable percussionniste indien. Généralement, on n'étudie qu'un style de percussion, mais lui a travaillé aussi bien celle du nord de l'Inde, comme le tabla, que celle du sud, comme le konnakol et le kanjira. J'ai aussi voulu avoir Juan Carlos Melian sur l'album, qui est un percussionniste espagnol exceptionnel, dont j'avais fait la connaissance il y a quelques années lors d'un stage d'été en Europe. Gilad est aussi un percussionniste, israélien, qui vit à New York, et fait partie du groupe de Vinny Valentino. Il m'a impressionné quand je l'ai découvert, c'est pourquoi je le voulais sur le disque. Il sait jouer latin, c'est un virtuose des congas, mais il joue aussi les percussions du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord, en recourant à d'intéressantes petits percussions. Je suis très heureux de sa contribution à "Vitalization".




Maintenant, présente-nous cet album par le détail, titre par titre.

Le premier titre, Interwoven Rhythms Syncronous vient d'un bœuf basé sur un groove original de Baron. J'ai commencé par chanter de la percussion indienne sur le vamp et ça sonnait super. On en a donc fait un morceau. J'ai travaillé pour bien mémoriser tous les schémas rythmiques indiens entrelacés, afin de pouvoir les jouer et les réciter confortablement, ce qui nécessite un gros boulot de coordination. Le groupe s'est habitué à sentir de quelle façon ces phrasés dépassaient la mesure pour les résumer à un gros "un". On a enregistré la piste, puis j'ai doublé ma voix. Pete Lockett a joué du tabla et du shaker, et a fait deux pistes de voix pour doubler les miennes. Ainsi les voix sont solides. Sur scène, je fais évidemment la voix seul.

Le titre suivant, Get Serious, est signé Tom Coster. Quand il compose un morceau, il arrive toujours avec une super maquette faite sur son ordinateur, ce qui nous permet de d'abord l'écouter, puis il nous donne les partitions qu'il a imprimées. Mais ce ne sont que des bribes, du genre le A, le pont, le solo, et nous en faisons un véritable morceau au fil des répétitions. Nous avions décidé d'apprendre chacun à la maison les compos pré écrites de Tom et Vinny, avant d'aller au studio. Comme ça, une fois sur place, il n'y avait plus qu'à boeuffer, répéter, et arranger. Ce ne sont pas des morceaux faciles, il nous a fallu du temps pour maîtriser Get Serious. En général, on répète chaque morceau une petite demi-heure par jour pour le fignoler.

The Trouble With est une compo de Vinny. C'est une grooverie haute énergie, qui laisse de la place à chacun pour exploser, on s'éclate toujours à le jouer sur scène.

The Bottom Line est aussi signé Vinny, mais c'est Baron qui a trouvé la fin. On l'a répété et arrangé en groupe, de son idée de base jusqu'à ce qu'il est maintenant. C'est un blues mineur qu'on adore jouer. Bill Evans joue merveilleusement là-dessus, et le solo de Vinny est particulièrement solide.

Seven And A Half est un morceau à quatre mains qui est parti d'une de mes idées. J'avais en quelque sorte la "mélodie" de batterie que nous avons développé sur deux jours pour en faire un morceau. Le 7 ½ vient de musiciens indiens avec qui j'avais travaillé, c'est en 15/8. Au lieu de le compter "un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze", ils le comptent plutôt avec un feeling dédoublé," un et deux et trois et quatre et cinq et six et sept et demi." C'est une façon sympa de compter les mesures asymétriques, plus naturelle et plus facile à jouer. Dès que je l'ai expliqué aux gars, ils ont su comment le jouer. Quand on écoute la guitare de Vinny "da ga da ga da dum", c'est le 7 ½. Il a joué ça, et ce fût aussitôt le truc. Ce qu'il faut savoir sur ce morceau, c'est que c'est Tom qui envoie la sauce avec son synthé après le solo de batterie. Certains croient en l'entendant que c'est de la guitare, mais c'est du clavier.

Interwoven Rhythms Dialogue est un autre morceau collectif, qui a évolué sur scène pour devenir l'introduction de J Ben Jazz, un très intéressant morceau signé Vinny. Pour l'installer, le groupe crée un vamp sur le tempo de J Ben Jazz, je récite un peu de konnakol, et Vinny me répond avec un scat à la Benson, en doublant la voix avec sa guitare. C'est comme ça qu'on le fait sur scène, mais en studio Pete Lockett a fait les échanges de konnakol avec moi. Je récite des choses prédéfinies, et il me répond en improvisant, et à la fin il me rejoint pour chanter à l'unisson avec moi.

J Ben Jazz est une compo de Vinny, dédiée à son copain bassiste John Benitez. C'est un titre qui donne vraiment leur place à tous les membres du groupe, y compris une fantastique partie de congas de Gilad. Baron étire un peu les changements d'accord, et j'adore le solo nu de Vinny. Ce qui est remarquable, c'est qu'il garde le rythme tout en changeant volontairement la métrique pour finalement se poser en 13/4, et bien sûr je dois faire un solo là-dessus !

L'histoire de Groove Time est intéressante. Tom avait écrit un thème avec un feeling latin et une superbe mélodie. On l'a appris en latin, mais ça ne sonnait pas très bien. On a alors essayé de le jouer dans toutes sortes de styles. Lentement, à la Miles Davis sur Jean Pierre, bien funk à la Tower of Power, en go-go, en swing à l'orgue. Ce morceau sonnait bien dans toutes ces versions. On l'a finalement enregistré dans deux styles. Groove Time est une pulse à la go-go de Washington, et Jimmy Jive est dans un feeling de trio swing au Hammond B3. Tom l'a évidemment dédié à Jimmy Smith, le roi du Hammond B3.

You Know What I Mean est une composition du groupe. On l'a écrite à San Francisco, en se basant sur quelques une de mes grooves. Je trouve que la mélodie est très actuelle, et la façon dont Bill et Vinny jouent ensemble est bien sympa. Le groove que je joue sur le solo de Bill est un de mes favoris de l'album. La rythmique fait très Miles des années 70, et Bill déchire tout.

The Closer est une proposition de Tom Coster. Il avait l'essentiel du morceau, mais il l'entendait en swing sur tempo médium. En le travaillant, c'est devenu un gros tour de force fusion, et un pavé de dix minutes. On l'a appelé ainsi, parce que c'est le genre de morceau qu'on joue à la fin d'une soirée, pour finir sur une explosion. C'est donc Tom qui a écrit le plus gros du morceau, mais Baron et moi avons mis notre patte sur plusieurs parties. C'est une compo fusion classique, une suite en trois parties, avec plein de mélodies à l'unisson et des échanges de solos entre tous les membres du groupe.

Positano est une superbe ballade de Vinny, qui met en valeur Tom à l'accordéon. Il est un maître de l'accordéon jazz, et on aime qu'il en joue, tant sur scène qu'en studio.

Ton rôle de batteur a été le même sur cet album que d'habitude ?

En premier lieu, je fais de mon mieux pour soutenir tout le monde dans le groupe, au sens fondamental d'être un musicien qui assure. Je me suis également forcé à jouer un peu au premier plan par ci par là, parce que c'est le groupe d'un batteur. Je m'efforce d'aller au-delà de ce qui a été fait sur les enregistrements précédents, et je pense que c'est réussi sur cet album.




Donne nous le détail du matériel utilisé sur cet enregistrement.

Pour "Vitalization", j'ai utilisé mon kit de la "côte ouest", à savoir une Sonor Designer en érable fûts fins, bleue. J'ai cette batterie depuis des années, c'est celle que j'ai utilisée sur mon DVD "Drumset Technique/History of the US Beat". Elle est aux normes "traditionnelles", à savoir une grosse caisse de 20" x 14", des toms médiums de 8" x 8", 10" x 8", 12" x 8", et des toms basses de 14" x 14" et 16" x 16". La grosse caisse est équipée avec des Remo Powerstoke 3 des deux côtés. Il y a un Muffle Remo sur la peau de frappe, et une bande de feutre sur la peau de résonance, qui est percée d'un petit trou. J'ai commencé à enregistrer avec des Ambassador Clear en frappe et résonance sur les toms, mais j'ai trouvé qu'ils résonnaient trop dans la petite cabine de batterie. Au troisième titre en boîte, j'ai changé pour des Ambassador blanches en frappe, et là les toms ont sonné parfaitement. Pour certains titres, j'ai utilisé une caisse claire additionnelle, une Designer de 12" x 5", à gauche du charlé. En caisse claire principale, j'ai changé au fil des titres. J'ai utilisé une Sonor 14" x 4" en bronze, une Sonor Artist Vintage de 14" x 5", une Phantom Steel de Jeff Ocheltree de 14" x 5", et une 14" x 4" en fût massif de la défunte compagnie Solid, fondée par Bill Goodwin, le batteur de Huey Lewis and the News.

J'ai utilisé le même jeu de cymbales pour tout l'album, à l'exception des charlestons. C'est pratiquement le jeu que j'utilise en tournée. J'ai alterné entre mon vieux charlé K/A, une K dessus et une A Custom Mastersound en dessous, et un jeu de 13" Hybrid. J'ai pris ces dernières quand je voulais un son plus aigu, plus rapide, pour Get Serious, Seven And A Half, Groove Time, et The Trouble With. J'ai joué le K/A sur les autres titres, pour un son plus chaud, plus sombre, plus doux. Ma ride principale est une K Constantinople Hi Bell Dry de 22", à sa droite j'ai une K Flat Ride de 20", juste au dessus une Hybrid Crash de 19", et tout à ma droite une K Complex Ride de 22", que je jouer autant en ride qu'en crash. A gauche, j'ai une Hybrid Splash de 9", au dessus de mon tom de 10", une A Beautiful Baby de 19" en ride de gauche, et tout à gauche une Hybrid Crash de 19".

Mon ingénieur du son aime utiliser les mêmes micros, des Shure, sur scène et en studio. Des Beta 98 pour les toms, des 57 pour la caisse claire, un Beta 52 pour la grosse caisse et des KSM 141 en overheads et pour le charlé. On a aussi utilisé un Sub Kick que m'a donné mon copain Russ Miller. La pédale de grosse caisse est une DW 9000 Titanium, ma préférée, et j'ai également un charlé DW. Je joue mes baguettes Signature Vic Firth sur la plupart des titres. J'ai aussi joué des Steve Gadd Signature sur Bottom Line et Jimmy Jive. Pour les deux Interwoven Rhythms, j'ai utilisé des Tala Wands Bamboo 11.




Pourquoi avoir choisi Hudson Music comme label ?

Quand on commencé à évoquer un nouvel album, nous n'avions plus de label. J'ai fait beaucoup de disques pour Toner Center, mais c'était toujours du coup par coup, pas un contrat sur une durée. En parlant avec Rob Wallis et Paul Siegel, les pontes d'Hudson Music, ils m'ont avoué être très intéressés pour produire "Vitalization". Comme je travaille déjà avec eux sur de nombreux projets, ils aimaient l'idée que je fasse mon disque au sein de "la maison". L'avantage d'être chez Hudson est que cet album ne sera seulement distribué chez les disquaires comme les précédents, mais aussi dans les magasins de batterie. Nous pensons qu'avoir son disque disponible là où les batteurs achètent leur matos est une très bonne chose. Je suis très enthousiaste à propos de "Vitalization", c'est le meilleur album de Vital Information à ce jour. Il est parfaitement représentatif de l'évolution du groupe, et du musicien que je suis aujourd'hui.


Férid Bannour
(Copyright Hudson Music)