Drums Addict Festival 2007
Par Ferid, jeudi 17 mai 2007 à 13:07 :: Critique :: #163 :: rss
Après une première édition couronnée de succès, le Drums Addict Festival remettait le couvert cette année, pour une table encore plus richement garnie.
Ce fut un véritable festin pour tous les batteurs présents.
Ce fut un véritable festin pour tous les batteurs présents.
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Dès le hall d'entrée, on est dans l'ambiance. Comme l'année dernière, il y avait une partie "salon", mais cette année elle était organisée en stands délimités par des cloisons. On y a découvert une cabine d'isolation phonique en kit, pas complètement silencieuse mais moins onéreuse qu'un véritable caisson isolé. Le stand Roland mettait à disposition plusieurs kits électroniques, très appréciés des batteurs casqués. Yamaha était également présent, mais ses batteries avaient moins de succès que celles de Roland, allez savoir pourquoi. On a aussi vu le stand d'un magasin local, celui d'un magazine spécialisé aussi vide que les pages dudit magazine, et un atelier de moulage de protections auditives. Un artisan exposait des batteries manufacturées, mais il était incapable de dire de quel bois elles étaient faites ni comment elles étaient fabriquées, et semblait plutôt ennuyé qu'on s'y intéresse. La partie dédiée au matériel vintage était beaucoup moins étendue que l'année dernière, et a pratiquement fait un bide, à tel point que le matos a été remballé en plein milieu de l'après midi. Une tombola a permis à plusieurs visiteurs de repartir avec de nombreux lots.

La Médoquine est une très belle salle, très confortable et bien équipée, à l'exception d'un évident manque de climatisation, qui a mis un mal un des projecteurs. On saluera l'amabilité de son personnel, ainsi que la gentillesse de toute l'équipe des bénévoles. Toutes les conditions étaient réunis pour que la fête soit réussie. Si l'année dernière il n'y avait que des batteurs français, cette année accueillait aussi un algérien, un suisse, un américain et deux hollandais.
Cette année, le festival a débuté le vendredi soir, avec le trio Versus Drums et le Madrugada Orchestra. Nous n'y étions pas, alors nous n'en parlerons pas, mais nous reviendrons ultérieurement sur le trio, dont nous avons eu le DVD.
C’est Pee Wee Desfray qui a ouvert la journée du samedi, sur une Roland TD 20. Ce talentueux batteur de 25 ans, issu de la scène métal, ne joue de l’électronique que depuis un an, et sa prestation n’avait rien à voir avec les étourdissantes démonstrations habituelles des spécialistes de l’instrument. Mais on a pu pleinement apprécier ses qualités de batteur, avec un jeu très technique bien maîtrisé, et les sonorités de la machine, malgré un problème de son en fin de passage. L’attitude et les compétences de ce jeune musicien devraient sans nul doute faire de lui un véritable professionnel de plus en plus apprécié.
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Loic Pontieux avait joué la veille au soir à Nice (trois heures de show avec Patrick Bruel) et était attendu le soir même à Toulouse, mais il avait tenu à être présent à Bordeaux. Il s’est produit en trio avec son complice de longue date Jean-Marie Ecay, et Philippe Chayeb. Esprit jazz, son rock, groove appuyé, toutes les qualités étaient là pour passer un bon moment de musique chaude et juteuse. Stéphane Deriau a rejoint le groupe pour jammer aux claviers. Loic a maintenant adopté un pur set rock. Fini la collection de toms et le magasin de cymbales, juste un kit 22", 12", 14", 16", avec le tom medium sur pied à la Bonham, une ride et trois crashes, à l'horizontale. Mais il serait réducteur de penser que Loic a abandonné la prise tambour pour devenir un simple cogneur. Son jeu est toujours aussi précis, très fluide, magnifiquement articulé, avec beaucoup de finesse.

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Jojo Mayer était très attendu. Cet ovni, qui a quitté sa Suisse natale dans les années 90 pour aller jouer du jazz metal groove (sic) à New York, est devenu le plus emblématique de ces batteurs converti à l'électronique. On ne parle pas d'instrument, mais de style. Si Jojo n'utilise qu'une batterie acoustique, c'est bel et bien pour jouer des grooves et des figures issues de la scène électro, tant drum'n'bass que jungle ou house. Et ce avec une exceptionnelle maîtrise du son et de la dynamique, ceci conjugué à une parfaite connaissance des techniques classiques (talon pointe à la pédale, frappes Moeller et Gladstone, drop and catch, etc…). Jojo est le seul qui a finalement donné un vrai master class, prenant le temps d'expliquer et décortiquer l'origine et les plans de ce style. Il fut hélas trahi par un traducteur incapable de traduire le dixième de ses propos, et totalement dépourvu de la plus élémentaire culture musicale.
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Karim Ziad a joué en trio, avec David Aubaile et Hicham Takaouite. D'emblée, il a mis la barre très haut, trop haut, avec un jazz moderne intense et riche, très intellectualisé, qui a rapidement mis en fuite une partie du public. Karim s'est alors orienté vers une musique plus viscérale, organique, et néanmoins complexe, que l'on pourrait qualifier de jazz groove oriental, où il chantait tout en jouant. Il est un fantastique batteur, qui élabore des tourneries incroyables, se jouant des métriques les plus surprenantes, avec puissance, énergie, et swing. Le genre de type qui balance une tournerie en 11/8 alternée 5/4, et fait tourner ça comme du James Brown converti au raï. Mega claque pour ceux qui sont restés et ont compris.


La surprise du festival, Samuel, 13 ans, un élève de Manu, qui a fait forte impression.
Avec Will Calhoun, on pouvait s'attendre à tout. Ce batteur est en effet un musicien très riche, qui évolue avec la même aisance dans le métal que dans le jazz, la world ou l'électronique. Il lance une boucle, et d'emblée installe un climat unique. Il construit peu à peu son histoire, et nous emmène avec lui dans son monde coloré. Il abandonne un instant son kit pour rappeler qu'il est des meilleurs spécialistes du Wave Drum (il a d'ailleurs enregistré un album entier avec ce seul instrument), ou titiller une sorte de bansuri électrifié. A la fin de sa prestation, on n'a pas été épaté mais envoûté par le voyage. Son kit se compose d'une grosse caisse principale avec double pédale centrale, et d'une seconde, plus petite, accordée haut avec un son très ouvert, qui lui sert à envoyer des sortes de séquences. Pour contredire les idées reçues, Will joue de la musique intelligente et subtile, mais en cognant très fort avec de grosses baguettes. De la musique avant toute chose.

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Technique considérable, compositions soignées, effets visuels, humour décalé, tels sont les éléments de base des Drumbassadors, le duo de René Creemers et Wim De Vries. Chez eux, il n'y a aucune improvisation, ou presque, tout est écrit, répété, millimétré avec la plus grande précision. Mais cette rigidité est au service de l'efficacité. Parce qu'au final ça swingue, on rigole, et on prend plein les mirettes. Les pièces mettent en valeur l'aspect mélodique de la batterie, ce sont de véritables petites chansons pour peaux et cymbales, avec parfois même les voix des deux batteurs. Leur numéro de jonglage de baguettes va largement au-delà des effets habituels, c'est un véritable feu d'artifice. A cela s'ajoute un humour à froid du type Frères Ennemis. Le plus impressionnant c'est quand ils sont tous deux au bord de la scène, chacun devant une caisse claire, et qu'ils débutent lentement un frisé d'un air las jusqu'à accéler pour faire une roulement, à deux mains certes, mais une de chaque batteur. C'est sans nul doute le spectacle idéal pour ce type d'évènement.
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Au terme de cette seconde édition, le Drums Addict Festival apparaît vraiment comme LE festival de batterie français. Parce que d’une part, il est le seul à être véritablement libre de toutes pressions des revendeurs ou importateurs, d’autre part il est, et de très loin, le mieux organisé, le plus réellement professionnel, et le plus sympathique. Il est fait par un batteur pour des batteurs, rien à voir avec une réunion de prétentieux commerciaux en goguette comme on le voit parfois ailleurs. Ici, ils sont choisis et restent à leur place. Mapex, Roland, et Yamaha avait dépêché leurs chefs de produits, ils se sont comportés en partenaires et non en maîtres du monde.
Par ailleurs, le backstage accueillait un grand et accueillant catering, avec un restaurant et un bar, ce qui a permis aux batteurs de se sentir chez eux, entre eux, de se retrouver dans de bonnes conditions. On y a par exemple vu Pee Wee Desfray donner des leçons de jonglage de baguettes, ou Damien Schmitt ambiancer le bar. Ou votre serviteur retrouver son vieux complice de Batmag, Christophe Rossi, reformant un instant le duo comme au bon vieux temps. Il ne manquait plus que René, que je salue au passage. Roger Biwandu et Jojo Mayer ne se lâchaient plus, aussi passionnés l'un que l'autre. Bref, une véritable bonne ambiance de fraternité de batteurs.
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"Mon sandwich contre ta main gauche"
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"Il avait l'air super ce sandwich, que je suis bête de ne pas avoir accepté"
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"Un sandwich comme ça, tu te rends compte"
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"Tu vois, Christophe, si je viens en France, c'est pour les sandwichs."
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"Bon, les gars, je suis sympa, je vais vous donner la recette de mon sandwich, vous allez vous régaler."

"Je n'arrête pas de le dire sur BOL, pas de sandwich sans bière."
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"Je suis dégoûté, ils jouent tous trop bien, pour la peine je vais devenir bassiste, parole de Damien."
Il est temps de parler de celui qui est derrière tout ça, Emmanuel Fraysse, prof de batterie du bassin d'Arcachon, un véritable passionné qui a su encore une fois trouver les moyens de réaliser son rêve.
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Il ne s'en cache pas, il professe une admiration pour le Modern Drummer Festival. Et ma foi, il n'a pas à rougir devant son modèle. Malgré les innombrables difficultés à résoudre, il a su faire exister la Drums Addict Festival, et de fort belle façon. La deuxième édition était encore plus magique que la première, c'est dire qu'on attend déjà la troisième, et toutes les suivantes. Qu'il en soit remercié, ainsi que toute son équipe. Bis repetita placent.
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Férid Bannour
Kits et backstage


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Travailleurs acharnés, les Drumbassadors font plus d'une heure d'échauffement backstage. Ici, René avec son pad.

Wim préfère s'entraîner directement sur son kit pendant les entractes.
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Loic Pontieux joue sur Yamaha et Zildjian.
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Endorsé Sonor et Sabian, avec notamment des cymbales Signature, Jojo Mayer a pourtant opté pour une pédale Pearl.
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Karim Ziad joue sur Yamaha et Zildjian.

Will Calhoun joue sur Mapex et Sabian, avec lui aussi des cymbales Signature.
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Il est depuis très longtemps un inconditionnelr de la double pédale Sleishman, inventée en 1972.

Les Drumbassadors, ici le kit de René, jouent sur Sonor et Paiste.

Pour Jojo, il n'y a que Mac.

Will aussi préfère Apple.
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