Tiens, que revoilà, que revoilou, le Salon de la Musique fait son retour. Evidemment, tout ceci n’a rien à voir avec l’évènement organisé par Bernard Becker au Parc Floral il y a de cela bien longtemps, dans une autre galaxie, serait-on tenté de dire.

Au fil des années, ce Salon de la Musique s’est dissous dans les luttes intestines entre les pro et les anti CSFI (une sorte de confédération qui regroupe certains revendeurs). Ajoutez à cela un métier français qui a de plus en plus de mal à s’adapter aux évolutions du marché, ou qui, plus simplement, ne digère toujours pas de ne plus faire les chiffres d’il y a vingt ans, alors qu’il pratique toujours les méthodes d’il y a vingt ans.

Le dernier salon en date remonte à plusieurs années, quand il fut couplé à Musicora. La musique "respectable", majoritairement financée par des aides publiques et privées, était bien rangée dans la Grande Halle de la Villette, tandis que le rock, la pop, et toutes ces merdes qui font vivre le marché, étaient cantonnées sous une tente sordide. Et, conflits internes étant, seuls Yamaha et Roland étaient présents pour la batterie. Depuis, plus rien.

Aujourd'hui, miracle, certains se réveillent subitement, pour tenter de nous faire croire encore que rien n'a changé, qu'ils sont toujours les maîtres du monde, que Pigalle est Disneyland, qu'Internet n'existe pas, que les frontières françaises sont fermées, et tenter de convertir une nouvelle clientèle au culte de leur tiroir caisse.

Alors c'est reparti comme en 40. Non, j'exagère, allez, on va dire que c'est reparti comme en 80. Rien n'a changé depuis? Ben, non, pourquoi voulez-vous que ça change?

Donc, c'est reparti pour des allées de stands avec du matos exposé (uniquement les nouveautés que les importateurs français auront décidé de distribuer, pas toutes les nouveautés, on n'est pas à Francfort ou au NAMM). Pour ce matos, deux options possibles. Soit on regarde et on ne touche pas. On a envie de sortir la carte bancaire et dire; on la regarde, et on n'y touche pas non plus. Soit tout le monde y touche n'importe comment. Et là, c'est la foire d'empoigne. En d'autres termes, c'est soit la chasteté soit la partouze. Avec une mention spéciale pour les commerciaux, qui roulent des yeux furibonds dans le premier cas, et croisent les bras d'un air résignés dans le second, le bar du stand les aidant à tenir la journée dans les deux cas.

Ah oui, il y a aussi les "animations". Concrètement, quelques importateurs ont un "auditorium". Qui contient en moyenne une trentaine de personnes (c'est que le mètre carré de stand est cher). Dans lequel tentent de rentrer environ deux cent personnes. Et, au fil des années, dans ces auditoriums, toujours et encore les mêmes batteurs, pour parler de ce qui nous intéresse. Au hasard, Dom Famularo, qui va rouler des yeux exorbités de toute sa chevaline dentition en faisant n'importe quoi le plus vite et le plus mal possible à la double pédale. Mais il est vachement sympa. Ou Akira Jimbo, qui va nous faire le karaoké en temps réel pour la dixième année consécutive. Mais il joue vraiment très bien. Evidemment, on pourrait aussi avoir envie de se déplacer pour assister au démonstrations, certainement éblouissantes, de Fabien de Kyo, ou Fred de Pleymo. Ou parler batterie avec la rédac' chef de Batmag sur son stand, par exemple.

Tout ceci pour dire que BOL ne saurait en aucun cas cautionner un tel non évènement, et ne peut qu'encourager à ne pas y aller. En d'autres termes, faire rimer le mot Salon avec Non. Parce que ce si ça s'appelle le Salon de la Musique, ce n'est pas celui des musiciens, mais des marchands d'instruments. Nuance. Et qu'en ce qui concerne, son ne s'écrit pas çon.

A moins bien sûr d'avoir la curiosité d'aller toucher le matos que vous pourrez ensuite acheter en ligne via BOL et son partenaire Musik Produktiv, au meilleur prix du marché.