Il existe différentes solutions, différents modèles dans différentes marques et bien sûr à différents prix. Avant de vous lancer tête baissée dans l’épluchage des catalogues, il serait bon de vous poser quelques questions :

Qu’allez vous faire de cette batterie ? Est-elle destinée à vous entraîner chez vous pour préparer les répètes hebdomadaires ? Où est-ce un instrument à part entière, sur lequel vous jouerez aussi bien dans votre local que dans les concerts réguliers que vous faites ? Quel budget êtes-vous prêt à mettre, etc. ?

Ces questions vont vous aider dans votre choix, un batteur qui possède déjà une batterie acoustique sur laquelle il peut se défouler deux à trois fois par semaine ne recherchera forcément pas la même chose qu’un batteur qui veut entièrement passer à l’électronique.

Le triggering d’une batterie acoustique

Derrière ce terme barbare, se cache l’artifice utilisé par de nombreux batteurs pro ou non qui recherchent un son parfait sans s’arracher les cheveux pendant des heures pour réussir à s’accorder.
On peut distinguer 2 branches distinctes :
Le triggering sur une batterie acoustique, ici le but est d’obtenir facilement le même son de batterie quel que soit le lieu, le batteur et même la batterie. Les batteurs de métal s’en servent notamment sur leur grosse caisse pour compenser la perte de puissance due à la rapidité des coups.
Le triggering sur batterie muette, c'est-à-dire équipée de peaux maillées également appelées peaux silencieuses. Principalement destinés aux batteurs désireux de faire le moins de bruit possible, ce système vous permettra d’avoir un son énorme au casque tout en restant relativement discret pour votre entourage.
Concrètement comment ça marche ? Tout simplement grâce à un petit ustensile appelé trigger. Cette petite bête détecte les frappes données sur la surface externe du pad et le convertit en signal électrique. Ce signal est ensuite envoyé dans un module électronique qui va le transformer en un son préalablement défini par vos soins.



Différentes fabricants propose des triggers. Le leader dans ce domaine est Ddrum. Ce nom ne vous dit rien ? Si, si, réfléchissez ! Vous savez l’espèce de bidule rouge qu’on voit sur le cercle de certaines batteries et bien c’est un trigger Ddrum. Deux modèles existent : le Pro et le Red Shot. Le Pro, comme son nom l’indique, est le plus perfectionné des deux, plus facile à positionner sur le cercle, et avec une sortie XLR. Le Red Shot est la version simplifiée du pro, sur ce modèle la sortie est en jack.

Roland nous propose aussi ses triggers : la série RT, plus chers que la concurrence, ils reprennent la technique VPads utilisée pour leurs batteries électroniques. Il s’agit donc ici de très bon matériel, facile à positionner, les sorties sont en jack. Enfin Yamaha propose également ses triggers. Rien à voir avec les deux autres marques, chez Yamaha on fait dans le dépouillé. Ici le capteur est réduit à sa plus simple expression, il suffit de le positionner sur sa peau de frappe, de relier le fil qui pendouille à un jack et le tour est joué. Si on gagne en temps de pose, le résultat n’a rien à voir avec les modèles des concurrents

Ok, vous avez acheté des super triggers, désormais vous aurez un son de tueur, c’est sûr ! Et ben non ! Pourquoi ? Parce que ces triggers faut bien les brancher quelque part et tant qu’à faire autant que ça soit dans un module de sons.

S’il y a un élément dans la configuration de votre batterie électronique qui mérite la plus grande réflexion, c’est bien le module. En effet, c’est ce boîtier qui va vous permettre d’avoir le son de grosse caisse dont vous rêviez ou de passer d’un son de caisse claire à un autre simplement en appuyant sur un bouton. C’est ce même module qui va attribuer un son à une entrée, détecter l’intensité de votre frappe et reproduire fidèlement les coups joués.

Concrètement vous avez branché tous vos pads ou triggers dans le module, A partir de là, armez vous d’un peu de patience car le réglage d’un module n’est pas chose aisée surtout lorsque l’on est novice dans le domaine. Selon les modèles une multitude de réglages s’offrent à vous : le volume, la vélocité, la durée de chaque son, etc… Prenez le temps de bien faire ces réglages, après ça vous pourrez vous payer le luxe de vous configurer plus de kits qu’il ne vous en faut. Un kit typé jazz ? Un gros son idéal pour le métal ? Un son électronique avec des effets réglables à souhait ? Selon votre module presque tout est réalisable.

Comment choisir son module ? Là encore c’est d’abord le budget que vous êtes prêt à mettre qui va déterminer la gamme de module.



La palme rapport qualité / petit prix revient au DM5 d’Alesis. Pour un modèle qui a déjà quelques années de bons et loyaux services derrière lui, le DM5 vieillit plutôt bien. 12 entrées triggers, 4 sorties jack, entrée / sortie midi, 540 sons dont 94 pour la grosse caisse et 116 pour la caisse claire, 21 kits personnalisables ! Plutôt simple à programmer, le DM5 donnera satisfaction aux batteurs qui recherchent un outil simple et complet !

Chez Roland c’est le TD3 qui ouvre le bal : 114 sonorités, 32 kits de batterie et le fameux ‘‘rhythm coach’’ qui fait office de prof à domicile, réglages faciles et simplicité d’utilisation, c’est certainement l’un des modules les plus vendus au monde. Chez Yamaha, c’est le DTXplorer qui ouvre la gamme : 214 sons et 32 kits de batterie.



Evidemment plus on monte en prix, plus les modules gonflent leurs capacités. Dans le moyen de gamme on passe au TD6 de Roland, le module propose cette fois 1024 sons et 262 instruments d’accompagnement pour vous éviter de vous sentir trop seul. Le DTXpress III de Yamaha contient 1000 sons et 80 kits de batterie, un séquenceur 2 pistes et la fonction « groove check » qui vous permet de vérifier votre tempo.

Ddrum propose également des modules, le plus courant étant le Ddrum 4 et sa version améliorée : le Ddrum 4 SE



Le haut de gamme est représenté chez Roland par les modules TD12 et TD20, chez Yamaha par le DTXtreme II. Véritables bêtes de course, ces modules vous proposent de complètement personnaliser votre son, modifient le son en fonction de la rapidité de frappe, etc… ici tout est fait pour approcher au plus près des batteries acoustiques.

Maintenant que l’on a fait un petit peu le tour de la partie triggering, il est temps de voir le budget que cela représente. Voici une estimation de coût global minimum :
Partons de quelqu’un qui n’a absolument rien, si vous possédez déjà un peu de matériel, il vous suffira de déduire. - Batterie : pas la peine de prendre une Starclassic Maple ou une Delite, la qualité sonore de la batterie n’a aucune importance, vous pouvez donc prendre le modèle le moins cher dans les marques les plus bas de gamme. Après un petit tour de ce qui se fait, mon choix s’est arrêté sur une Millenium MX520, elle est fourni avec 5 fûts, et 3 pieds cymbales dont un charley : 279 € - Cymbales électro : au minimum, il vous en faut 3. J’ai choisi des Yamaha PCY65 à 40,21 € l’unité soit x 3 : 120,63 € - Ensuite il existe chez Thomann un pack comprenant les peaux silencieuses, les triggers (Roland), le module (Alesis DM5) et le câblage (jacks) pour : 719 € - Un casque : AKG 44 : 24.9 € - Rajoutons à cela un siège : on en trouve sur Ebay à 25 € - Et une paire de baguettes : Millenium 5A : 4.6 €
Total : 1173.13 €
Un budget important certes mais pensez bien qu’avec ce kit c’est comme d’en avoir 20 !

Les batteries électroniques.

Le principe même d’une batterie électronique est simple. Elles sont composées de pads en caoutchouc ou de fûts de faible profondeur dans lequel sont incorporés des capteurs (également appelés piezzo), comme les triggers, ils vont détecter les frappes données sur la surface externe du pad et les transformer en signal électrique.

On retrouve nos deux fabricants principaux : Roland et Yamaha, ces 2 géants proposent chacun des modèles adaptés à chaque besoin : Pour l’entrée de gamme on trouve chez Roland le kit TD3 composé de 3 pads caoutchouc, un pad grosse caisse, 1 pad « mini fût » à peaux maillée pour la caisse claire et du module TD3. De très bonne fabrication, ce kit a pour avantage de proposer une caisse claire avec 2 zones de frappe (la 2eme étant le rim shot), des cymbales « choke » qui permettent d’étouffer le son et un pad grosse caisse permettant l’utilisation d’une double pédale. Chez Yamaha, on trouve la DTXplorer composée de 5 pads caoutchouc, 1 pad grosse caisse, 2 pads cymbales et le module DTXplorer. Toujours dans les entrées de gamme, on peut signaler l’existence de modèles à bas prix commercialisés par les supermarchés allemands sous les marques Millenium, Fame et autres. La MPS 300 de Millenium (marque propre à Thomann) peut être un très bon compromis pour les petits budgets. En effet, ici tous les pads sont des ‘‘mini fûts’’, certes de moins bonnes qualités, mais contrairement aux modèles de chez Yamaha et Roland, ils sont facilement améliorables. Rien ne vous empêche de démonter le pad, enlever le caoutchouc sur lequel est collé le piezzo, mettre des peaux maillées, des triggers et vous y gagnez en confort de jeu et en niveau sonore. Ces batteries sont compatibles avec n’importe quel module.
Dans le milieu de gamme, on retrouvera chez Roland le kit TD6KV qui reprend la base du TD3. Sur ce kit, tous les pads sont 2 zones et la caisse claire passe à 3 zones de frappe. Chez Yamaha, les DTXpress III et III spécial font office de milieu de gamme, les pads sont toujours en caoutchouc. La différence entre les 2 kits se situe au niveau des pads qui vont jusqu’à 3 zones de frappe.

On passe désormais dans le haut de gamme avec celui qui tient le haut du pavé chez Yamaha le DTXtreme IIs. On reste dans le système de pad en caoutchouc, ceux-ci sont désormais réglables et le pad caisse claire bénéficie d’un système de réglage de timbre.



Les 2 kits qui font la renommée de Roland, j’ai nommé le TD12K et le célèbre (et hors de prix) TD20K, sont de formidables instruments. Les pads sont équipés de peaux maillées, le charley se positionne sur un vrai pied et est composé de 2 cymbales. Comme toujours, le kit est fourni avec son module correspondant. Signalons également l’existence d’un kit qui fait aussi fantasmer bien des batteurs, le Ddrum 4. Le fabricant du plus vendu des triggers vous propose un modèle haut de gamme composé de pads ‘‘mini fûts’’ sur lequel sont montées des peaux maillées et devinez quoi ? des triggers ddrum ! Les cymbales sont de très bonnes qualités et le charley est une des références sur le marché ! Ce kit est proposé avec le module Ddrum 4 ou le DDrum4 SE.

Pour plus d’informations sur tous ces kits, n’hésitez pas à visiter leurs sites internet, vous pourrez y retrouver les capacités techniques de chaque kit et parfois une démo de sons disponibles dans le module.

Toujours pour vous aider à bien choisir, voici les prix de différents kits :

Millenium MPS 300 + Alesis DM5 : 615 € Yamaha DTXplorer : 793 € Roland TD3 : 964 € Yamaha DTXpress : 1546 €



Les multipads

Ok, vous aimeriez ajouter quelques touches électroniques à vos rythmiques sans vous encombrer d’une batterie électro ? Pas de problème, c’est un multipad qu’il vous faut !
Comme son nom l’indique, un multipad est un support regroupant plusieurs zones de frappe distinctes. En gros c’est une batterie électronique condensée puisque les pads et le module sont fondus en un seul appareil.

Voici un petit récapitulatif des pads existant et leurs fonctionnalités.

Le but n’étant pas d’expliquer leur fonctionnement mais de vous aider à cibler votre besoin, en fonction de l’utilité que vous en aurez. Sachez que les multipads sont à considérer en tant que complément d’un set de batterie/percussion, ainsi qu’en interface tactile MIDI (déclenchement via sampleur, etc…) Plusieurs gammes se côtoient sans que leur spécificités soient misent en avant, ci dessous une liste non exhaustive des différents types :

- Les multipads simple à banque de son intégrée
- Les multipads séquenceurs
- Les multipads sampleurs/séquenceurs
- Les déclencheurs midi





Une seule marque s’est lancée dans l’aventure en proposant plusieurs gammes de produit pour chaque bourse, il s’agit de Roland, d’autres marques telles que Millenium s’y aventurent maintenant, mais deux mondes les séparent.

Voici un petit tour d’horizon des principaux modèles :

Le SPD-S constitue une solution simple et économique pour l’ajout d’échantillons à un kit de percussions ou de batterie. Alternative de choix à l’ensemble capteur acoustique/échantillonneur en rack, le SPD-S vous permet de capturer des échantillons en qualité CD et de les rejouer immédiatement à partir de ses six pads ou de ses trois déclencheurs de bords. Il dispose naturellement aussi de sons pré enregistrés et d’effets permettant une utilisation immédiate. Proposant 700 sons originaires pour la plupart de la V-Drum, le SPD-20 Total Percussion Pad constitue la suite logique du SPD-11. Le point de départ est identique, mais les sons bénéficient des dernières prouesses de Roland: sons de batterie acoustique hyper réalistes, sons ethniques et instruments du monde entier, batteries électroniques “classiques”, effets sonores uniques, et la liste continue… Ajoutez à cela une construction très robuste et de nombreuses fonctions MIDI. Le HandSonic HPD-15 Roland est un multipad de percussions manuel doté de fantastiques possibilités de contrôle issues de la technologie V-Drums. Divisé en 15 zones, le HPD-15 vous permet de jouer simultanément de plusieurs instruments différents avec toute la sensibilité qui a fait la réputation des V-Drums... Enfin voici d’autres modèles qui viennent compléter le marché : le SPD 11 qui est le petit frère du SPD 20, plus compact, avec des sons de moins bonne qualité ; le Roland Octapad qui est un contrôleur MIDI. L'octapad ne sert qu'à déclencher des sons/boucles à partir d'un sampleur/expandeur, interface midi reliée à un ordinateur.

Chez Millenium, le MD 70 fait office de multipad. Il s’agit ici d’une pâle copie des fameux Roland.

Conclusion

Messieurs les jurés, l’heure est venue de trancher ! Voici les principaux points positifs et négatifs de chaque système :

Le principal avantage de trigger une batterie acoustique pour jouer chez soi vient du fait qu’on joue sur une vraie batterie ! Disposition du kit, toucher, feeling, vous ne verrez pratiquement pas la différence par rapport à une acoustique. Pour avoir eu une batterie électronique, je peux vous assurer que ça a son importance !
L’inconvénient de monter une batterie acoustique en électronique est que cela prend un peu de temps. Comparé aux solutions déjà pré montées des batteries électroniques, il vous faudra prévoir quelques heures avant d’avoir tout installé et tout réglé, mais le jeu en vaut la chandelle ! C’est là l’avantage des kits de batterie électronique. Quand vous ouvrez le carton vous n’aurez que 2 ou 3 vis à serrer, quelques branchements à faire et le tour est joué. Par contre si tout est fait pour vous faire oublier que vous ne tapez que sur de vulgaires pads en caoutchouc ou sur de mini fûts, le feeling n’est pas le même…


Enfin pour finir, j’en profite pour vous signaler qu’en terme de place, il n’y a pas de grosse différence. L’espace au sol occupé par une batterie électronique est moins important mais le volume nécessaire est quasiment le même qu’une acoustique.


Avant de conclure, j’attire votre attention sur un point important. Beaucoup de batteurs pensent batteries électroniques = ‘‘pas de bruit, je peux jouer à 3 h du matin, ça ne réveillera personne !’’ Détrompez vous, une batterie électronique, quelle soit équipée de pads caoutchouc ou de peaux silencieuses produira un bruit qui, certes, n’a rien à voir avec le volume d’une batterie acoustique, mais si vous habitez dans un appartement dans lequel les murs sont aussi fins que du papier à cigarettes, vos voisins vous entendrons toujours taper… La douce mélodie de vos rythmiques sera remplacée par un bruit sourd qui peut vite devenir insupportable, cependant il existe quelques petites techniques pour arriver à réduire le volume et atténuer les vibrations (comme de remplir les fûts de mousse ou de coussins). Au moins, vous pourrez dire à vos voisins que vous avez fait des efforts pour eux et qu’ils pourraient au moins être reconnaissants !!!



Voila, j’espère avoir fait le tour de la question et que ce petit topo pourra vous éclairer sur le monde des batteries électroniques. J’en profite pour remercier Arnaud, qui a rédigé la partie multipad électro et Boubou pour m’avoir aiguillé sur les points à aborder. Et bien sûr tous les membres de BOL sont là pour répondre à vos questions !

thom-thom