Tama Superstar
Par Ferid, vendredi 23 décembre 2005 à 14:19 :: Batteries :: #118 :: rss
Au moment où le monde chrétien s'apprête à célébrer Jésus, BOL salue l'arrivée d'une Superstar, dans la grange du charpentier Tama. De quoi taper le bœuf sans faire l'âne.
- Papa, je veux une batterie pour Noël.
- Tu es bien le fils de ton père, je suis fier de toi. Que veux-tu acheter?
- Une Tama Superstar.
- Tu es branché vintage? Tu ne préfères pas une batterie moderne?
- Ben si, justement, c'est la toute nouvelle Tama.
- Ne dis pas de bêtises, fiston, la Tama Superstar c'est ce que j'avais à ton âge, quand je jouais dans les Fucking Peace Janitors.
- Mais non, papa, c'est sorti cette année. Et je la veux pour jouer avec Anthropofageous Zombies.
- Ne prends pas ton père pour un con, je suis peut-être vieux mais pas encore gâteux. Je sais ce que je dis, la Superstar est un ancien modèle, que tu ne peux trouver que d'occasion.
- Et moi, je te dis que c'est une nouveauté, je suis peut-être jeune mais pas débile.
- Change de ton, ou ton Noël ça va être un ballon de foot et une X Box.
Et voilà comment naissent nombre de conflits, sur un simple malentendu. Car en effet, la nouvelle Tama porte le nom d'une ancienne Tama, la légendaire Superstar, une des meilleures batteries de son époque. La nouvelle est certes plus modeste dans l'absolu, mais s'affirme d'ores et déjà comme un des meilleurs rapports qualité-prix de sa catégorie.
Certains parlent de batterie sans vraiment y connaître grand chose, alors commençons par un peu d'histoire. A l'origine, la société Hoshino fabrique des batteries dans les années 60, vendues sous la marque Star. Elle apporte de nombreuses innovations à l'instrument, reprises depuis par la majorité des marques, comme la célèbre attache tom sur rotule, brevetée sous le nom d'Omnisphere, quand la concurrence en est encore à des articulations fragiles, voire des rails sur la grosse caisse. Un beau jour, le patron d'Hoshino devient papa d'une petite fille, baptisée Tama. Coincidence, c'est aussi le nom d'un petit tambour africain. Qu'à cela ne tienne, désormais les batteries fabriquées par la maison porteront le nom de Tama, mais tous les modèles garderont Star dans leur nom. Et au fil des années, ont fleuri les Superstar, Royalstar, Imperialstar, Artstar et bien sur la très populaire Rockstar. Des batteurs comme Billy Cobham ou Stewart Copeland ont imposé Tama comme une marque majeure, l'égale de Ludwig, Sonor ou Premier. L'attaque et le grain des Tama en ont fait la favorite des amateurs du son Gretsch, déçus par le manque de fiabilité croissant de la marque légendaire.
Dans les années 90, Tama a développé une nouvelle gamme sous le nom Starclassic. Il s'agissait au départ de faire du très haut de gamme, un peu comme Lexus pour Toyota. De plus les Starclassic étaient fabriquées sur commande, au gré de chaque client. Mais comme les Sonor Designer ou les Pearl Masterworks, la batterie sur-mesure reste un tout petit marché, et les marques ont rapidement décliné ces modèles en séries de luxe. Tama a même développé la Starclassic en milieu de gamme, dit semi-pro, sous l'appellation de Performer.
Ces dernières années, la qualité des batteries bas de gamme n'a fait que s'améliorer et les prix baisser. Disons le très franchement, une batterie de mille euros aujourd'hui est aussi bonne que celle qui coûtait le double il y a seulement cinq ans. Bien sûr, la qualité des bois et des mécaniques n'est pas celle du haut de gamme, mais ce sont quand même globalement de bonnes batteries qui ne sonnent pas si mal. La Rockstar, régulièrement mise à jour, a longtemps été l'entrée de gamme de la marque, très appréciée pour son rapport qualité-prix. Mais elle s'est finalement retrouvée poussée vers le haut, par le marché d'une part, par sa petite sœur la Stagestar d'autre part. A force de monter en gamme, il a fallu rebaptiser la Rockstar, pour lui donner un nom plus prestigieux. C'est ainsi qu'est née la Superstar 2005, fabriquée dans la nouvelle usine du groupe, en Chine.
Elle est fabriquée en six plis totalisant 6 mm d'épaisseur, sauf la grosse caisse qui en compte sept. Il s'agit donc d'une épaisseur tout à fait moyenne. Le premier pli intérieur et le premier pli extérieur sont en peuplier, les plis internes sont en bouleau. La précision et la puissance du bouleau sont ainsi enrichies en basses fréquences par le peuplier. La finition extérieure est constituée par un rhodoid, encollé sur tout sa surface pour éviter qu'il ne gondole. Les sept coloris sont ultra classiques.
Reprenant l'ancienne esthétique de la marque, la Superstar est dotée de doubles coquilles monobloc. Elles ont sur les petites coquilles simples l'avantage de mieux répartir la tension imposée au fût par la peau, mais leur volume freine légèrement la vibration. Qu'à cela ne tienne, celles-ci ne reposent pas entièrement sur le fût mais seulement aux points d'ancrage, formant ainsi un pont, d'où leur nom Sound Bridge. On a ainsi la résonance des petites coquilles simples et la solidité des doubles. Rappelons que c'est le principe employé par Sonor au début des années 90. Pour simplifier la chaîne de fabrication, et diminuer les coûts de production, on retrouve sur la Superstar les attaches et les cercles de la Starclassic. En effet, il revient moins cher à Tama d'équiper son bas de gamme de l'accastillage du haut de gamme que de développer une seconde chaîne pour fabriquer de l'accastillage bas de gamme. Tant mieux pour le client. Les fûts de la Superstar sont donc équipés de cercles moulés, ce qui améliore l'attaque et la tenue de l'accord. Ils sont montés sur StarCast, qui est sans doute le meilleur système de suspension qui soit. Le cercle du fût est doté de trous supplémentaires, dans lesquels passent des tiges caoutchoutées qui relient le fût à un arc de cercle, sur lequel est fixée une coquille femelle qui accueille la tige support de tom. C'est plus discret que le TAR Sonor, plus solide que le YESS Yamaha, plus rassurant que l'ISS Pearl. On est très loin du RIMS original, encore employé par Premier ou Gretsch, instable et peu pratique.
L'attache double toms est faite de deux tubes verticaux coulissant l'un dans l'autre. Si on souhaite ne jouer qu'avec un seul tom médium sur la grosse caisse, il suffit d'enlever le tube supérieur, ainsi le look ne sera pas gâché par une tige.
La caisse claire est en bois, assortie aux fûts, à dix tirants. La grosse caisse est munie de cercles en bois, avec un liseré assorti mais la tranche naturelle, ce qui fait très classe. L'allure générale de cette batterie est indéniablement celle d'un modèle semi-pro. On voit bien que ce n'est pas du bas de gamme, mais on est très loin d'un modèle économique plus ou moins bien fini.
Comme toujours avec Tama, l'accord est assez délicat, car les harmoniques hautes sont nombreuses. Il y a sur la caisse claire un petit deiiing qui ne pardonnera pas le défaut d'accord. Les toms donnent leur pleine puissance accordés un poil tendu avec de simples peaux. C'est certes agressif, mais c'est ma foi la nature de cette Superstar. Elle n'est pas faite pour jouer cool et timide mais pour rentrer dedans, y aller franchement. Pour tirer le meilleur parti de cette batterie, je conseillerais de remplacer les peaux de frappe d'origine par des peaux blanches de simple épaisseur qui arrondiront légèrement la nature agressive de ces fûts, en déréglant un ou deux tirants du tom bass, et en tendant bien la caisse claire. A moins de souhaiter un son très ouvert, il vaudra mieux pratiquer un petit trou décentré dans la peau de résonance de la grosse caisse et y mettre une petite couverture dans le fond, en contact avec les deux peaux, ou mieux encore un coussin Evans. On aura là une vraie bonne batterie de rock, tranchante et puissante, idéale pour la scène. La qualité de fabrication ne posera aucun problème de fiabilité. C'est du solide, on peut compter dessus.
Elle est livrée avec un pack d'accessoires Road Pro, à double embase. Ils sont pratiques et costauds, tout en étant jolis. Il comprend une pédale charleston, à embase pivotante, une pédale de grosse caisse, montée sur plaque stabilisatrice, un pied de caisse claire, et deux pieds de cymbale dont un à perche. Et malheureusement pas de siège. On appréciera les tilters Quick Set, qui ne sont pas constitués de couronnes crantées mais de six disques internes, permettant une totale liberté de mouvement.
La Superstar se décline aussi dans une version EFX, dans quatre coloris très flashants en rhodoid, et en Custom, en six coloris vernis. Seule la finition distingue les trois séries. La gamme de kits est très variée. On n'a certes pas de grosse caisse de 18", ce n'est pas une batterie destinée au jazz de toutes façons, mais de 20", 22", et même 24". La caisse claire peut être profonde de 5 1/2 ou 6 1/2. Les toms médiums vont de 8" à 16", les bass de 14" à 18". On trouve les habituelles configuration studio, fusion et stage, soit des kits 10", 12", 14" ou 12", 13", 16", avec grosse caisse de 20" ou 22". On applaudira aussi la présence d'un kit simple, 12", 16", 22", ce qui réjouira tous ceux qui ont marre d'acheter deux toms médiums alors qu'ils ne jouent qu'avec un seul.
La Superstar est bien nommée, car elle est incontestablement la reine de sa catégorie. Il y a mieux, mais c'est plus cher. Il y a moins cher, mais c'est moins bien. C'est sans hésitation le meilleur achat à faire dans cette gamme de prix. Et c'est très fièrement que vous pourrez dire au batteur de Matmatah: mate ma Tama.
Férid Bannour
Prix indicatifs en ligne au 23/12/2005
La Baguetterie:
Superstar 899 € (pas de configuration 4 fûts)
Superstar EFX 1135 €
Superstar Custom 1130 €
Thomann:
Superstar 822 € (739 € en 4 fûts)
Superstar EFX 945 €
Superstar Custom 1079 €
Commentaires
1. Le vendredi 23 décembre 2005 à 19:15, par indidrum :: site
2. Le mardi 27 décembre 2005 à 19:37, par toma
3. Le jeudi 29 décembre 2005 à 01:34, par math29
4. Le jeudi 29 décembre 2005 à 11:51, par indidrum :: site
5. Le dimanche 2 avril 2006 à 13:26, par thomas
6. Le jeudi 20 avril 2006 à 13:53, par tatageraldine
7. Le lundi 8 mai 2006 à 11:16, par mysthi
8. Le lundi 15 mai 2006 à 15:58, par Zapan
9. Le mardi 16 mai 2006 à 18:42, par Férid
10. Le lundi 28 août 2006 à 06:05, par punkrockjimbo
11. Le mardi 29 août 2006 à 20:20, par Julito
12. Le samedi 23 septembre 2006 à 14:20, par Arno
13. Le lundi 2 octobre 2006 à 20:38, par Batteur de sic
14. Le dimanche 8 octobre 2006 à 23:02, par cynic-
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