Comme la plupart des grandes marques, Drum Workshop a du se résoudre à faire fabriquer des séries économiques en Chine pour affronter la concurrence, mais en l'assumant toutefois moins que ses consoeurs. En effet si Gretsch, Sonor ou Ludwig affichent franchement leur logo sur des modèles asiatiques, DW a préféré opter pour une sous marque. Ainsi fut créée Pacific, nom choisi pour évoquer la mer séparant les USA de la Chine. Mais les premiers modèles de cette marque étaient de médiocre qualité et d'un prix supérieur aux équivalents d'autres marques. Ce fut donc un bide. Redressant le cap, Pacific est devenu PDP, pour Pacific Drums and Percussion. Et histoire de profiter de la notoriété de la marque, elle revendique maintenant officiellement "by Drum Workshop". Un peu comme un yaourt étiqueté "Leader Price par Danone". Rappelons le, délocalisation n'est pas forcément synonyme de moindre qualité. Après tout, l'Audi TT est fabriquée en Roumanie et ce n'est pas une mauvaise voiture. Le procédé fait le bonheur des occidentaux quand ils sont consommateurs, et leur malheur quand ils sont ouvriers. Par ailleurs, comme pour le yaourt, si c'est la même société qui fabrique les deux produits les ingrédients ne sont pas les mêmes. Pour faire du moins cher, faut fabriquer moins cher avec du moins cher, mon cher. Mais si elle n'est pas chère, cette batterie peut néanmoins vous être chère.



L'objectif de la PDP est le même que celui de toutes ses concurrentes, obtenir le meilleur rapport qualité prix. Et ma foi elle a de solides arguments, cette race d'ep. Les fûts sont fabriqués en neuf plis de bouleau, avec des chanfreins taillés à 45°, ce qui minimise le contact avec la peau, offrant ainsi le maximum de résonance. Point de rhodoïd, ils sont vernis comme des souliers de communiants, et déclinés en quatre coloris: noir, rouge, dégradé bleu, dégradé marron foncé. Les originales petites coquilles monobloc sont montées sur silent-block. Ce qui évite toute éventuelle vibration parasite entre le bois et le métal. Dans le même souci d'optimiser le sustain, tous les toms sont montés sur supports flottant directement copiés sur les RIMS originaux, tombés depuis dans le domaine public. Un arc de cercle est relié au fût en quatre points, en l'occurrence par des anneaux caoutchoutés qui enserrent les tirants. Cet arc de cercle comporte une plaque qui accueille une coquille dans laquelle vient s'insérer un petit bras en L. Celui-ci n'est pas hexagonal mais rond, ce qui implique qu'il risque de tourner si la fixation se desserre légèrement au cours du jeu. Mais il est doté d'une bague mémoire. Ce petit bras est fixé dans une rotule, située au sommet d'un petit tube vertical, qui coulisse en hauteur dans un grand tube qui coulisse lui dans la grosse caisse, qui en est ravie, la coquine. Le tom bass ne repose pas sur des pieds mais est suspendu lui aussi, relié à un pied de cymbale par une pince. Ce qui n'est pas très pratique ni très stable, mais sonne néanmoins plutôt bien pour peu qu'on l'accorde détendu.
La PDP FX est dotée de fûts intermédiaires, mis au goût du jour par Premier voilà quelques années. Sachant qu'un fut profond fait deux pouces de moins qu'un fût court, il a suffi de viser au milieu pour élaborer des fûts qui soient un idéal compromis entre la résonance des fûts profonds et la réponse des fûts courts. La grosse caisse ne fait pas 16" de profondeur comme c'est la norme actuelle, ni même 17" comme on le voit depuis quelque temps, mais 18". Vous allez voir que si ça continue Capelle va refaire des Turbo. Détail très appréciable, cette batterie est livrée avec un coussin de grosse caisse, que l'on peut mettre ou pas selon le type de son que l'on recherche. On reconnaît là toute l'intelligence de John Good, le patron de DW. Les cercles de grosse caisse sont en bois, assortis à l'ensemble. Les piques de grosse caisse sont réglables en longueur. La caisse claire de 14" x 5 1/2" est également assortie, dotée de doubles coquilles, et d'un déclencheur qui se manœuvre parallèlement au fût. Comme sur les DW, sa peau de frappe comporte une numérotation imprimée devant chaque tirant pour rappeler comment s'accorder en étoile de façon homogène.
Le pack d'accessoires à double embase comprend une charleston dotée d'un réglage de tension, d'un pied de caisse claire, d'une pédale de grosse caisse montée sur plaque stabilisatrice avec une batte à double face feutre/plastique, deux pieds de cymbale dont un à perche. Comme pour les Tama ou les Yamaha, la perche est rentrante dans le tube, ce qui facilite le rangement. Rien à dire, c'est du costaud. DW oblige, la pédale de grosse caisse se montre souple et rapide. Ces petits fûts donnent le meilleur d'eux-même, accordés ni trop tendus ni trop mous. Le bouleau procure un son chaud et rond, avec des harmoniques bien contrôlées, surtout dans ces profondeurs, où l'on ne risque pas de croiser un calamar géant. La caisse claire est un peu claquante, une légère sourdine ne lui fera pas de mal. Mais sa réponse est rapide et nerveuse, assez puissante. La grosse caisse peut vite se montrer énorme, même avec le coussin, il faudra prendre le temps de bien soigner son accord. Booom tekk dou doum, on est bien dans les normes actuelles, tout dans le bas et pas trop en haut, gros cul et petits seins, hip hop, électro, nu-metal, le produit est parfaitement ciblé. La PDP jouit déjà d'une excellente réputation auprès des jeunes. Pour ce prix, il n'y a pas grand chose à lui reprocher. On peut ne pas aimer son style tant visuel que sonore, question de goût, mais elle est très bien placée en termes de prix. Certains retours d'acheteurs font état d'un manque de fiabilité à court terme, notamment en ce qui concerne les acessoires. Ses concurrentes directes sont la Gretsch Catalina Birch, la Pearl Export Select, ou la Sonor Force 3005.



F.B.
Prix indicatif relevés sur plusieurs magasins en ligne (frais de livraison non compris).
La Baguetterie: 1220 €
La Boite aux Rythmes: 1000 €
Thomann: 838 €